Journal de résidence

Ce blog est le Journal de la résidence d’écriture  « Culture(s) : écrire, semer, récolter » qui se déroule dans le Pays de Lafrançaise  en 2026 avec l’auteur Benoît Toccacieli. On y retrouvera, au fil des jours, une trace des rendez-vous tout public et des actions de médiation qui rythment cette résidence .

L’idée du bureau mobile me séduisait beaucoup au début du projet. Sur le papier, j’idéalisais la chose : une table installée dehors dans un cadre pittoresque, et des gens qui viendraient me voir et me raconter leurs histoires sans que j’aie besoin de quitter ma chaise. Le pied !

Eglise Saint-Sulpice (Les Barthes)
L’église Saint-Sulpice (Les Barthes) : un beau lieu pour installer le bureau mobile ?

Oui, mais…

J’avais négligé deux bémols.

Le premier, c’est qu’en semaine, les gens ne sont pas nombreux dans tous les endroits retenus. Et ceux qui passent n’ont pas forcément envie d’interrompre leur quotidien pour venir se confier à un inconnu. D’autant plus que j’ai beau expliquer et réexpliquer la démarche, j’ai beau avoir les idées de plus en plus claires sur la manière dont je vais utiliser leurs histoires, la finalité de ces échanges reste néanmoins floue pour certains. Heureusement, pour beaucoup de dates de la tournée, j’ai choisi d’aller dans des endroits qui font sens avec le thème de la résidence, à des moments où les gens se retrouvent et sont relativement disponibles pour discuter. Mais ça ne fait pas tout…

Car le second bémol, c’est mon caractère. Je me considère souvent comme un ermite : je préfère ma solitude au contact des foules, je préfère fréquenter les personnages imaginaires de mes bouquins aux personnes réelles du quotidien (serait-ce un des clichés de l’écrivain ? j’assume !). J’ai aussi ma timidité, et il m’est parfois difficile de faire le premier pas pour initier une conversation avec des inconnus. Dans certaines configurations du bureau mobile, j’arrive sans trop de difficultés à forcer ma nature, ou mieux, j’ai la chance de tomber sur des bonnes âmes qui m’aident à m’introduire auprès des gens qu’ils connaissent. Dans d’autres, c’est plus laborieux. Je n’ose pas toujours m’immiscer dans les conversations. Même si, dans le cadre de la résidence, j’arrive à me sentir légitime dans ma démarche, le cran me manque parfois, et j’ai peur de paraître intrusif.

Dans ces deux cas (quand il n’y a personne autour du bureau mobile, ou quand je n’ose pas faire le premier pas), j’essaie de m’adapter pour ne pas rentrer bredouille de ma récolte d’histoires. Je trouve donc des moyens d’avoir une discussion en tête à tête avec des gens qu’on me recommande de rencontrer. Parfois, ça se fait sur place, devant une église ou la table d’un café. Parfois, ça se fait chez les gens, dans leur intimité, après avoir planifié la rencontre par téléphone. Et la discussion peut alors durer des heures et réserver de belles surprises (et je ne parle pas que des fraises, des nectarines ou des gâteaux qu’on m’a offerts !).

Ainsi, la pile de documents de travail s’épaissit sur mon bureau. J’y pioche des images et textes d’autrefois, que je peux mettre en dialogue avec les témoignages vivants recueillis avec mon dictaphone. Par exemple, hier, chez un couple de Lafrançaise, parmi une large collection de correspondances, de vieux cahiers d’école ou de carnets de comptes (de 1800 à 1950), j’ai sélectionné une facture de matériel agricole, qui me permettra d’illustrer le témoignage d’un ancien agriculteur sur ces mêmes machines (agriculteur chez qui j’ai rendez-vous dans les prochains jours à Vazerac). Restera un travail pour numériser ces documents aussi proprement que possible avant de les intégrer dans ma restitution.

Facture de 1913
Facture de 1913 (Labastide du Temple / Les Barthes)

Même si tout ne se raccroche pas au thème de la résidence, j’y trouve largement assez de matière pour nourrir le recueil que je restituerai fin juin (pour rappel, la restitution aura lieu à la médiathèque de Lafrançaise le 26 juin à 17h, et à la médiathèque de Vazerac le 27 juin à 10h).

Merci à tous les habitants qui me guident et m’accueillent !

Lafrançaise, vue générale (carte postale de 1915)
Lafrançaise, vue générale (carte postale de 1915)

Hier, au bureau mobile, quelqu’un m’a demandé : « ça consiste en quoi, en fait, le métier d’écrivain ? »

Il y aurait une réponse simple (simpliste ?) : « L’écrivain, il écrit des histoires. »

Il y aurait une réponse un poil plus poussée (pour celle-ci, je m’inspire du témoignage d’un maraîcher sur une autre date du bureau mobile) : « L’écrivain, il est comme le petit producteur d’à côté, il a plusieurs métiers : il fait germer ses histoires (dans ses idées), il s’occupe d’elles jusqu’à ce qu’elles aient assez poussé sur le papier pour en faire des romans ; et ensuite, il change de métier, il doit aller présenter ses histoires au public, parce que s’il reste tout seul avec elles, il ne pourra jamais en vivre. »

Et puis il y aurait une réponse plus large, dont cette résidence me permet de prendre conscience (en particulier avec la forme du projet que j’ai choisi de mener) :

Ces jours-ci, je pense beaucoup au travail de Svetlana Alexievitch. Avant d’obtenir son prix Nobel de littérature (en 2015), celle-ci a effectué des études de journalisme. En sortie d’études, elle a d’abord exercé en tant que professeure d’Histoire, avant de revenir au journalisme, auquel elle a peu à peu donné une tournure littéraire.

Elle collecte la matière dont elle tire ses livres en enregistrant sur magnétophone les récits des personnes qu’elle rencontre : « Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose… L’Histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne. »

En ce qui me concerne, je n’ai ni son talent ni son expérience pour mener un travail d’une telle ampleur durant la résidence, mais c’est l’approche que j’essaie d’adopter, pour observer non pas des catastrophes et leurs effets, mais plutôt l’évolution du rapport des habitants à la terre et à la transmission. Comment semait-on autrefois ? Comment récolte-t-on aujourd’hui ?

Ainsi, la démarche du bureau mobile se rapproche du journalisme, puisque je viens interviewer des gens sur un sujet donné. Il intègre une dimension d’Histoire, puisque je suis amené à étudier des documents (parfois anciens) qu’on me confie, à les recroiser avec un panel de témoignages. S’y ajoute une dose de sociologie et d’ethnologie : même si je n’ai ni l’intention ni la prétention de tirer des conclusions de tous les témoignages recueillis, ceux-ci constitueraient la matière de base d’une étude sur la vie dans les campagnes, sur le plan des pratiques culturelles et agricoles. Et lorsque j’écris des romans (peut-être utiliserais-je une partie de ce travail de résidence pour un futur texte), j’intègre une forte dose de psychologie dans la construction de mes personnages.

Lafrançaise, vue générale (carte postale de 1915)
Lafrançaise, vue générale (carte postale de 1915)

À la question « ça consiste en quoi, en fait, le métier d’écrivain ? », je pourrais donc répondre qu’il consiste à croiser différents métiers : journalisme, Histoire, sociologie, psychologie, … Selon sa sensibilité propre, chaque écrivain piochera dans ces métiers (et dans d’autres) ce dont il a besoin pour construire ses histoires. C’est cette ouverture, ce côté ‘touche à tout’ qui, à mes yeux, fait la beauté du travail d’écrivain.

Même si, pour l’être habituellement solitaire que je suis, je dois parfois me faire violence pour sortir du confort de mon bureau d’écrivain et aller discuter avec les gens. Heureusement, ici, je me sens toujours bien accueilli !

Labarthe, où la nature sauvage se mêle à la nature domestiquée
Labarthe, où la nature sauvage se mêle à la nature domestiquée

Que fait un écrivain en résidence lorsqu’il n’est pas auprès du public ? Il se cache ?

Il s’agit ici d’un type de résidence particulier : la résidence-mission. Si, en résidence d’écriture, l’écrivain peut passer la majorité de son temps reclus pour travailler sur ses projets personnels, ce n’est pas le cas ici. Le but de cette résidence, celui qui m’a attiré, c’est de mettre la médiation au cœur de l’action.

L’agenda est donc déjà bien rempli avec les dates du bureau mobile et les animations ouvertes au public, mais les yeux affûtés remarqueront les demi-journées qui semblent rester libres au milieu.

Dans ces creux, il y a d’abord des interventions « cachées », auprès de structures comme l’EHPAD, le centre d’accueil de loisirs, les établissements scolaires… Lors de ces interventions, je propose des actions qui valorisent l’envie de lire et d’écrire, ou je discute comme dans le cadre du bureau mobile pour récolter de nouvelles histoires.

Pour chacune de mes sorties, j’utilise un dictaphone pour enregistrer les échanges (j’aime pouvoir retrouver les mots et formulations exacts de mes interlocuteurs). Chaque minute de discussion me donne le double ou le triple de travail à la maison pour les retranscrire à l’écrit. Quand j’aurai obtenu assez de matière, il me faudra ensuite réagencer chaque bribe pour les mettre en dialogue, leur donner une cohérence d’ensemble.

Au fil de mes sorties, je demande également aux habitants s’ils ont des textes qu’ils souhaiteraient partager. J’ai notamment eu la chance qu’on me transmette des cartes postales de 1915 évoquant l’agriculture pendant la guerre, ou d’anciennes histoires du pays écrites par une résidente de l’EHPAD : associés à des récits actuels, ces textes viendront illustrer comment la culture ne cesse de se transmettre, à force d’être semée, récoltée et resemée.

Enfin, les animations que je prévois ont besoin d’être préparées à l’avance. Une partie de ces animations se déroulera en plein air, le long des chemins. Je peux donc joindre l’utile à l’agréable en allant faire mes repérages sur les nombreux circuits de randonnée qui jalonnent le territoire. Je vois alors apparaître dans le paysage les mêmes contrastes que ceux que je découvre dans les discours des habitants. À mes yeux, ce sont ces contrastes qui font la beauté de nos régions.

Labarthe, où la nature sauvage se mêle à la nature domestiquée
Labarthe, où la nature sauvage se mêle à la nature domestiquée

De même, la majorité des animations s’appuiera sur des livres existants, alors je lis et relis et annote plusieurs romans pour construire un contenu qui s’adapte à chaque atelier.

Pour donner quelques exemples des projets à venir : avec les jeunes de l’accueil de loisirs, on partira marcher dans les bois de Lafrançaise avec des épreuves et énigmes basées sur les romans « La Rivière à l’envers », de Jean-Claude Mourlevat ; l’atelier parents-enfants du mercredi 27 (à l’Honor de Cos) proposera aux participants de réaliser un livre des souvenirs, en se basant sur le roman « Mémoires de la forêt », de Mickaël Brun-Arnaud ; mi-juin, j’emmènerai des adultes en randonnée et nous discuterons sur comment pousse le territoire en s’appuyant sur le récit de Sylvain Tesson « Sur les chemins noirs ».

Le long des chemins de Piquecos
Sur les chemins de Piquecos

Me revoilà à Lafrançaise, pour trois semaines d’affilée. Trois semaines qui s’annoncent riches et intenses.

Ce mardi, j’ai déjà le plaisir d’arriver avec le printemps. La première animation de la résidence a eu lieu ce matin : un atelier d’écriture au milieu des roses, dans la plantation de Richard Marples, à Saint-Maurice. Le soleil a fait son apparition quelques minutes après notre installation. Avec lui, les couleurs et les parfums des fleurs se sont révélés dans toute leur splendeur. Très vite ont suivi les chants d’oiseaux – hirondelles, tourterelles, moineaux, et même une chouette chevêche qui s’est invitée près de notre table. J’ai eu l’impression que le printemps en personne venait me souhaiter la bienvenue. Merci à lui !

Roses des Rosiers de Richard

Puis, après quelques repérages et préparatifs pour d’autres animations à venir, j’ai posé mon bureau mobile à l’aire de jeux de Montastruc, à l’heure de la sortie d’école. Ce bureau mobile, j’espère en faire le cœur de mon travail de résidence. Il a pour but d’aller à la rencontre des habitants, au plus près de chez eux, pour me permettre d’écouter leurs histoires. Car c’est là que se trouve l’essence de l’écriture : dans les bribes du quotidien de chacun.

On m’a demandé ce matin quel genre d’histoires j’attendais. J’ai senti un peu d’inquiétude, de la timidité, de la peur de ne pas savoir quoi raconter. Je dirais que les plus belles histoires sont celles qui viennent sans qu’on y pense, celles qui sortent le plus naturellement. Il suffit de se lancer : on parlera de la météo, d’où vous habitez, de ce qui vous a conduits à choisir ce lieu plutôt qu’un autre, de comment vous voyez votre environnement évoluer. Et à partir de là, c’est moi qui deviendrai inquiet, qui aurai peur de ne pas savoir vous arrêter !

Pour cette première date du bureau mobile, la question ne s’est pas posée : je n’ai été rejoint que par la pluie. Elle aussi semblait avoir des choses à me raconter, même si elle ne s’est pas attardée. Ou bien elle souhaitait m’accueillir à son tour. Merci à elle !

Dès demain, mon bureau mobile poursuivra sa tournée : je serai toute la matinée sur le marché de Lafrançaise. Puis, en fin de journée, à Piquecos, devant la salle des fêtes, pour les paniers de Pique. Si je ne suis pas derrière mon bureau, c’est que j’en profite pour acheter de quoi manger (un écrivain ne se nourrit pas que de mots !). Comme j’aime les endroits où l’on trouve de la nourriture, j’irai ensuite aux jardins de la Lupte, à Labarthe, vendredi après-midi. Enfin, je terminerai la semaine au marché de Vazerac, puis à l’arrivée du trail de l’Honor à Loubéjac. Toutes ces dates devraient me permettre de faire une première récolte de produits locaux, et j’espère glaner une bonne dose d’histoires au passage !

Et pour ceux qui voudraient profiter d’une rencontre plus ‘formelle’, je serai à la médiathèque de Lafrançaise samedi matin, à partir de 10h30.

L’année dernière, le Pays de Lafrançaise a accueilli un premier auteur en résidence. Le thème qu’il avait travaillé m’avait déjà donné à réfléchir. « Habiter ». Pour moi qui ai mis du temps à (re)trouver mes racines (en Auvergne), j’ai ressenti le besoin de mettre une définition derrière ce verbe si simple. Les premiers éléments me sont venus au moment de candidater pour la résidence de cette année. Le Tarn-et-Garonne, c’est une partie de ma jeunesse : mes années lycée à Bourdelle, et le temps passé dans les salles de concert et dans les locaux de CFM ; et avant ça, mes années collège, où je vivais dans le Lot mais effectuais la plupart de mes activités culturelles et sportives du ‘bon côté’ de la frontière. Mais malgré mes nombreux bons souvenirs de cette période, je n’ai pas l’impression d’avoir habité le Pays. Je n’ai fait que le traverser.

Avant de me lancer dans le thème de cette année, j’ai regardé ce qu’avait fait Thomas Louis l’an passé. J’ai imaginé les riverains qu’il croisait chaque matin, les commerçants qui finissaient par le reconnaître, les discussions qui se poursuivaient d’un marché sur l’autre. Et je me suis dit qu’au fond, « habiter », c’était ça : d’une part, reconnaître des gens et des lieux jusqu’à ce que l’environnement devienne familier ; d’autre part, être reconnu par les autres, s’intégrer à leur paysage habituel. Faire partie d’un même tout. Et surtout, bâtir des souvenirs en commun, partager les mêmes histoires.

Cela nous emmène au thème qui nous occupera cette année : « Culture(s) : écrire, semer, récolter ». J’aimerais m’arrêter sur le premier mot. Cultures. J’ai grandi dans un monde rural, éloigné des villes et de la Culture, celle avec une majuscule, celle qu’on enferme dans des lieux prestigieux et à laquelle on dédie un ministère. Sans pour autant minimiser la culture ‘d’en haut’, je dirais qu’à mes yeux, la culture est avant tout populaire. C’est la culture du sol, d’abord : celle qui nous nourrit et qui dessine nos paysages. C’est la culture de proximité, aussi : celle qui s’exprime dans nos maisons et sur les places de nos villages. Cette culture réside dans les histoires qu’on se transmet autour d’un verre, au coin du feu ou au gré d’une promenade.

« Tu vois ce grand arbre, ici ? C’est sous ses branches que j’ai reçu mon premier baiser. »

« Tu vois ce hameau, là-bas ? C’est celui où ton grand-père allait à l’école, il s’y rendait à pied, il n’y avait que des garçons à l’époque. »

« Tu vois ce vieux pigeonnier, au fond ? Certains prétendent qu’il est hanté, qu’il s’y est passé des choses terribles pendant la Guerre. »

« Tu vois ce vieux pont, derrière ? Il date de l’époque romaine, et si tu t’en donnais la peine, tu trouverais peut-être des monnaies d’époque dans les champs qui l’entourent. »

Oui, je suis convaincu que le partage de ces histoires sème les graines de notre attachement au territoire.

C’est à cette culture-là que j’aimerais m’intéresser durant ma résidence. Aller à votre rencontre sur les marchés, dans les fermes, dans vos fêtes communales, au sein des associations, voire pourquoi pas chez vous ? Recueillir vos anecdotes, vos légendes, vos souvenirs, vous aider à les écrire si vous le souhaitez. Puis les partager avec vos aînés de la résidence du Lac, avec les enfants des établissements scolaires ou du centre de loisirs, ou pourquoi pas dans les boîtes aux lettres d’un hameau voisin. Semer ces histoires comme on sème des graines, et voir ce qu’elles donneront à récolter.

 

 

Je suis arrivé à Lafrançaise hier après-midi. En à peine plus de 24h, j’ai déjà eu le temps d’être ébahi par la richesse de l’activité culturelle sur le territoire et par la quantité de beaux recoins qui parsèment le paysage. Il me reste quelques jours pour construire les bases de l’agenda des semaines qui suivront, et j’ai peur de ne pas réussir à caser tout ce que j’aimerais réaliser.

Je reviendrai ensuite du 18 mai au 28 juin, pour 5 semaines sur place. C’est court, 5 semaines. Trop court pour s’intégrer réellement au Pays. Trop court pour en découvrir toute la richesse. Trop court pour en rencontrer tous les habitants. Trop court pour écouter et consigner toutes vos histoires. Mais malgré tout, je vais essayer d’en tirer le maximum !