Dernière ligne droite avant la restitution.
Un recueil de 72 pages, imprimé en 15 exemplaires (pour en laisser dans chaque commune du Pays de Lafrançaise et dans les principales structures qui ont contribué au projet), ça demande un peu de boulot de préparation.
Parce que sur les 72 pages, il y a des collages de ‘pièces jointes’ à faire : un plan au format A3 qu’il faut découper, plier et coller, et un livret de 8 pages à assembler, agrafer et coller lui aussi (après avoir fait quelques tests d’impression pour s’assurer que les rectos et versos sont dans le bon sens)
Parce que, pour mettre ça dans un classeur, il faut perforer. Et la perforeuse ne fait que 2 trous sur les 4, et ne prend que 36 pages sur les 72, ça demande un peu de bidouillage (des trombones, un intercalaire, un peu de patience, et on a tous les trous à peu près au bon endroit).
Parce que les couturières qui travaillent sur la décoration des classeurs ne sont pas au même endroit que la médiathèque (heureusement, c’est dans le même bâtiment, et un ascenseur secret m’évite de faire le tour par la fournaise extérieure).
Rien d’insurmontable, hein. Quelques petits ratés à corriger (il suffit de rester zen), quelques heures de boulot (en résistant à la tentation de suivre l’escape game testé par l’équipe de la médiathèque à côté), et le tour est joué.

Et puis surtout, il y a des petites phrases dont je me nourris pendant ces dernières heures. Des phrases qui n’ont pas été intégrées dans le recueil, pour la simple et bonne raison qu’elles ne concernent que moi.
Des contributeurs et contributrices qui me relancent pour savoir si ce qu’ils et elles ont transmis (texte ou dessin) sera bien dans le recueil (et leur voix qui trahit un mélange d’envie et de joyeuse impatience).
Des couturières timides au départ (par simple souci de trop bien faire), et dont les yeux pétillent d’enthousiasme quand elles demandent si je leur laisse jusqu’au dernier moment pour faire un classeur de plus (« je vais continuer ce soir et tout demain ! »)
Des enfants que je recroise en dehors de l’école où je suis venu lire la semaine passée, et qui viennent me voir avec un grand sourire pour me dire à quel point ils sont contents que je leur ai fait découvrir tel ou tel livre (il faut dire que « Le livre perdu » et « Loup gris et la mouche » sont des valeurs sûres !).
Des collégiens qui, en fin d’animation, me prennent à part pour me confier qu’ils sont contents que je sois venu leur proposer un jeu littéraire (même si j’ai eu l’audace de les obliger à lire et réfléchir un vendredi soir !).

Des gens qui me reconnaissent dans la rue et dévient leur trajectoire pour me demander des nouvelles du projet, de ce que j’ai fait des mots qu’ils m’ont transmis.
Bref. Avant même la restitution, je peux déjà me réjouir d’avoir atteint un des objectifs de la résidence : apporter de l’animation et du plaisir autour de la littérature.